22.06.2007
souillée (1)
Je suis quelque part, je reconnais quelques coins de notre maison à Marrakech, je reconnais aussi quelques visages qui me sont familiers, mais je n’arrive pas à leur donner de nom. Pour une raison que j’ignore toujours, je sors, toute seule, à pied. Je m’aperçois alors que je me dirige, ou crois me diriger, vers la maison de ma tante. J’arpente des ruelles que je découvre pour la première fois, je regarde autour de moi mais tout est différend, la ville a changé, les gens aussi. Les passants avaient le regard hagard, perdu, on dirait presque qu’ils étaient aveugles. Je continue de marcher, tantôt vers l’avant, et tantôt en marche arrière, je me retourne à chaque fois, je sentais que je n’étais pas seule …
Tout est différent, je tourne en rond depuis quelques minutes, je ne reconnais plus cet endroit, je suis perdue. J’ai peur et mon cœur bat de plus en plus vite, j’essaie en vain de trouver un indice qui me montrerai le chemin , mais je n’y arrive pas, je panique, je tremble, je ne sais plus quoi faire … je suis perdue à Marrakech, cette ville qui si exceptionnelle pour moi. Tout en continuant ma marche, je me retrouve sur un boulevard, des gens étaient groupés ça et là, des barrières les séparaient d’une sorte de grand terrain poussiéreux, un spectacle de fantasia peut être … Je me mêle à la foule, et me heurte à deux individus. Deux jeunes hommes, vêtus de loques sales et crasseuses mais qui avaient l’air gentils, pas de mouchoirs collés au nez, ni de cicatrices sur le visage, ce qui me donna le courage de leur demander de l’aide. Ils proposèrent de m’escorter jusque la maison de ma tante qu’ils avaient reconnue. J’étais soulagée, j’allais enfin pouvoir rentrer, il commençait à faire nuit.
Le premier entra, il appelé son ami qui entra à son tour, je reste seule, dans cette obscure ruelle , aucun réverbère n’était allumé, je tremblai de froid, plutôt de peur, puis, sur mon épaule grelottante, je sentis une main chaude se poser, une sueur froide descendis le long de mon dos, je me retourne, le corps glacé.
« N’aies pas peur, ce n’est que moi » me dit-il, « je voulais t’inviter à entrer deux secondes, mon ami ne retrouve plus ses clés, ils les a sans doute égarées dans un coin de la maison, cela nous prendra encore quelque temps, je ne voudrai pas que tu restes seule, c dangereux ici la nuit, entres, n’aie pas peur.. » J’hésitais, je soupçonnais la complot, il insistait tout en me rassurant « nous laisserons la porte ouverte si tu as peur » me lance –t-il avec un large sourire qui se veut rassurant.
J'hésite, j'avance d'un pas timide, puis j’entre…
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